L’INFO vous propose quelques plages de vie en complément de ses éditions print.

DES GOÛTS ET DES CULTURES

Numéro 26

«Totalement en phase avec vous-même!»

Jusqu’à ce printemps, la galerie Art Crans-Montana avait également un atelier d’encadrement. Fabienne Ciamparini-Bagnoud détaille cette passion… et quelques autres à Joël Cerutti.

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Fabienne Ciamparini-Bagnoud

Il existe chez Fabienne Ciamparini-Bagnoud comme une étincelle artistique, une prédisposition face aux pinceaux et aux toiles. «Oui, je peins… Mais dans ma famille on m’a très vite fait comprendre que ce n’était pas avec ça que j’allais pouvoir gagner ma vie.» Alors Fabienne bifurque vers l’enseignement. Du français puis de l’informatique. Une branche alors balbutiante et où il y a une forte demande. Il est programmé que cela ne pouvait que cartonner ! Il n’en demeure pas moins que Fabienne s’ouvre toujours des parenthèses culturelles. « Durant mes vacances, je choisissais des villes en fonction des galeries ou des musées que je souhaitais visiter. Cela me nourrissait, des amis me suivaient dans ces périples.»

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Avec l’âge s’impose l’audace des choix de vie. «Si je gardais pour moi ma peinture, je pouvais mettre en évidence le talent des autres. Je comprends l’esprit d’un artiste. C’est là que j’ai décidé de l’aider à se vendre… Je possède une réelle force de vente. J’ai donc écouté mon intuition et j’ai ouvert ma galerie*.»

Comment améliorer un tableau

Jusqu’à ce printemps 2020, juste avant le Covid-19, Fabienne a pu glisser un zeste d’artistique dans sa passion. «Durant une dizaine d’années, j’ai réalisé des encadrements. Cela a commencé par une cliente qui m’a demandé si je pouvais le faire. Je me suis immédiatement renseigné pour savoir si mon assurance prenait en compte ce type de travail ! Quand j’ai livré mon premier travail, j’ai été encouragée à continuer…»

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Fabienne pousse la méticulosité jusqu’à passer ses vacances à Vérone et surtout à Florence pour y suivre des cours. «C’était magnifique de recevoir les bases de la dorure à la feuille ! » Son atelier d’encadrement se met à tourner petit à petit pour le plus grand plaisir de la principale intéressée. « C’est un travail qui peut améliorer un tableau. Des cadres mal choisis étouffent une œuvre. Vous les changez, vous redécouvrez cette création. » Dans cette démarche subtile, l’erreur n’est même pas envisageable. « Vous êtes concentré, totalement en phase avec vous-même. C’est comme une méditation.»

Pis le corps a parlé. «J’ai dû arrêter à cause de douleurs dans les épaules», regrette Fabienne. L’énergie et la passion restent. Celles que notre galeriste met au service des autres pour les mettre en valeur. Autrement.

* L’aventure d’Art Crans-Montana étant relatée dans la version print de L’INFO, on vous renvoie à la lecture de l’article publié dans le N°26 paraissant mi-octobre.

Luciano Miglionico s'est promené à Crans-Montana et a laissé trainer son objectif sur les œuvres d'art qu'il croisait:

 

Numéro 25

Les surprises des chefs

Syrah, Cornalin et Humagne rouge : les cépages rois lorsqu’on évoque les «vins de chasse». Mais bien d’autres bouteilles sont gages d’un mariage réussi avec le gibier. Paul Vetter poursuit sa pêche aux accords parfaits que vous retrouverez dans le N° 25 de l’INFO avec la complicité de trois chefs de la région et des tenancières de l’Œnothèque Le Tirbouchon à Montana.

Photos : Luciano Miglionico

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Avec la chasse, les chefs Bert de Ricker, Serge Coustrain-Jean et Alessandro Bianchi vous recommandent aussi :

Bert de Ricker (Le Rawyl à Randogne):
Un blanc peut aussi faire l’affaire. Je pense au Païen que je propose avec un Cromesquis de sanglier. Ce sont des sortes de croquettes, des boules panées dont l’extérieur est frit et l’intérieur moelleux. Pour ces Cromesquis, on prend la cuisse du sanglier qui bénéficie d’une cuisson lente, 24 heures à 72°. La viande est ensuite tirée en émietté, avec une sauce liée et beaucoup de légumes. L’assiette est dressée avec de la crème de pané et des choux rouges confits.
Pour accompagner ce plat goûteux, il faut un Païen puissant, tendu, sec, avec des arômes d’agrumes et de fruits exotiques. Là, on joue dans les contrastes entre le vin, la douceur des légumes et l’amertume de la sauce et du sanglier.

Serge Coustrain-Jean (Le Cher-Mignon à Chermignon-d’en-Haut):
Comme accord mets-vin surprise, je propose le Boudin de chasse, purée de coing et émulsion aux cèpes. Et avec ça, je mettrais un Merlot puissant, fruité, équilibré. Pour être plus précis, je pense au Merlot sans soufre de Dominique Luisier à Saillon.

Alessandro Bianchi (Le Monument à Lens):
Il y a bien sûr de nombreux assemblages rouges qui peuvent accompagner des plats très différents. Pour pourquoi pas une Petite arvine sèche, avec un pâté de chevreuil en entrée ; ou une volaille, la caille par exemple.

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Leurs encaveurs « coups de cœur » :

Nous avons demandé à nos trois chefs de citer deux encaveurs de nos communes qu’ils apprécient particulièrement. Exercice difficile, mais ils ont joué le jeu…

Bert de Ricker : Ismaël Bonvin (Cave du Tambourin à Corin) - Joël Briguet (Cave la Romaine à Flanthey)

Serge Coustrain-Jean : Serge Heymoz (Cave des Sentes à Entre-deux-Torrents / Loc) – Christophe Rey (Cave de la Rayettaz à Corin)

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Alessandro Bianchi : Joël Briguet (Cave la Romaine à Flanthey) – Les frères Besse (Cave du Mont de Lens à Flanthey)

 

Nos trois chefs et la chasse

Bert de Ricker : J’adore la chasse. C’est un des moments forts de l’année, en cuisine. C’est aussi un plaisir pour le cuisinier. En automne, on dispose de produits extraordinaires. Il est bien sûr impossible de n’utiliser que de la chasse locale. Mais je travaille avec des chasseurs d’ici qui me fournissent notamment les sangliers. Chaque année, je cuisine les pièces nobles et je congèle les épaules et les cuisses. Ainsi, l’année suivante, je peux préparer du sanglier dès le début de la saison de chasse.

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Serge Coustrain-Jean: J’aime beaucoup les produits du terroir local. J’en utilise chaque fois que possible, comme avec la truffe de Lens et les bolets. Mais pour la chasse, c’est très compliqué. Si on m’en propose, je suis bien sûr preneur. Mais le plus souvent, je me fournis en Autriche où l’on trouve du gibier semi-sauvage.

Alessandro Bianchi : J’aime beaucoup la nature, les odeurs de sous-bois. C’est un plaisir d’aller cueillir des champignons, récolter des herbes ou des fruits sauvages, en forêt ou en montagne. Ce sont des produits qu’on utilise beaucoup dans les menus de chasse. C’est donc une cuisine que j’aime préparer pour mes clients. Il est très compliqué d’avoir de la chasse locale.  On fait les menus en fonction de ce qu’on trouve. Et lorsqu’on achète de la chasse étrangère, on évite les pays de l’Est dont on ne sait pas grand-chose des conditions d’abattage et d’élevage.

Les vins choisis par Le Tirbouchon : notes de dégustation

Maéva Blatter et Julie Praz, les nouvelles tenancières de l’Œnothèque Le Tirbouchon à Crans-Montana, vous présentent en quelques mots choisis les trois vins qu’elles ont sélectionnés.

  • Syrah barrique 2016 : Ismaël Bonvin (Cave du Tambourin à Corin)
    Un vin mature, corsé, puissant, épicé.
  • Humagne rouge 2017 : Les Frères Besse (Cave du Mont-de-Lens)
    Un vin typé, avec une certaine puissance tout de même. Une note sauvageonne et un fruité sur les baies des bois.
  • Cornalin « le Patricien » 2018 : Cave Cordonier et Lamon à Flanthey
    Un Cornalin à la belle robe violacée, marqué par les fruits noirs, la cerise noire en particulier. Finement épicé, il se révèle rond et riche.

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