L’INFO s’adapte aux circonstances particulières de la pandémie et vous propose quelques plages de vie en complément de son édition print du 12 juin 2020.

DES GOÛTS ET DES CULTURES

Gazouillis en folie

Le calme ambiant résultant du semi-confinement a laissé la voie libre au babillage des oiseaux. Saurez-vous reconnaître qui chante quoi ? Testez l’acuité de vos oreilles grâce à notre petit jeu composé par notre rédacteur Paul Vetter avec la complicité de Jérémy Savioz, chargé d’affaires de Pro Natura Valais.

Les chants

Les chants des oiseaux viennent du site internet vogelwarte.ch

Chants

Photos

Toutes les photos sont ©Paul Vetter, sauf le Lagopède alpin ©Marion Perraudin.

Rougequeue noir

C’est un «généraliste» qu’on peut rencontrer de la plaine jusque dans les pierriers, à plus de 2500 mètres d’altitude. Il niche sur des poutres ou dans des cavités ouvertes. Le rougequeue, un des oiseaux les plus abondants en Suisse, se nourrit d’insectes. Quelques-uns restent chez nous à l’année, la plupart font de courtes migrations au sud des Alpes. Son chant est sonore. C’est une strophe sifflée mélodieuse et courte, puis un bruit de «verre pilé» ou de «papier froissé» suivi de courts sifflements.

Rougequeue Noir

Mésange charbonnière

La mésange charbonnière est un oiseau bien connu qui réside de la plaine à la limite supérieure des forêts. Il fréquente souvent les mangeoires et niche parfois près des hommes, par exemple dans des nichoirs. Des nids ont été repérés dans des boîtes aux lettres ou même dans un cendrier. Les interstices des murs de vignes sont très prisés. Cette mésange joliment colorée est insectivore tant que la nourriture est disponible. Puis elle se résout à manger des fruits et surtout des graines. Son chant est très varié. Le motif sonore de base correspond à un schéma simple, sur 2 notes sonores : Titu titu souvent répétées.

Mésange Charbonnière

Merle noir

Le merle noir est un hôte fréquent de nos jardins. Le mâle est d’un noir profond avec le bec jaune, la femelle est brune avec la gorge légèrement striée, tout comme le jeune. Il construit un nid ouvert bien dissimulé dans un arbre. C’est aussi l’un des seuls à nicher dans les haies de thuyas. A toutes les altitudes, sa présence est étroitement liée à celle des arbres, surtout des feuillus. Il se nourrit d’insectes, de larves, de vers, et apprécie aussi les fruits et les graines. Son chant est constitué d’un répertoire très varié ; une longue strophe flûtée, mélodique et sonore qu’il émet souvent de la cime d’un arbre.

Merle Noir

Rougegorge familier

Avec son plastron orangé, ce petit oiseau est bien reconnaissable. Haut sur pattes, il apprécie les sols nus, les jardins. Il vient volontiers près des maisons si la végétation n’est pas trop haute et qu’il y a des insectes. On le rencontre de la plaine à la limite des arbres. Certains migrent en hiver, mais sont remplacés par d’autres, venus du nord. On en rencontre donc toute l’année. Il se nourrit d’insectes et de larves, puis se tourne vers les baies et les graines lorsque son régime préféré se tarit. Son chant est un peu mélancolique, avec au début des sons élevés et traînants. Mais ses strophes sont très variées, avec un rythme et une intensité changeante.

Rougegorge Familier

Cassenoix moucheté

Cet oiseau de taille moyenne, trapu, au bec puissant, fait partie de la même famille que les corneilles, corbeaux et autres geais des chênes. Comme tout corvidé, c’est un oiseau très malin qui, en vue de la mauvaise saison, cache sa nourriture (graines de pommes de pin et de pives) dans le sol et dans les écorces. C’est un oiseau alpin qu’on trouve dès 1000 mètres jusqu’à la limite supérieure des arbres. L’hiver, il peut descendre jusqu’en plaine et il s’approche fréquemment des habitations. Au chapitre du chant, on entend surtout ses Krr Krr Krr très sonores qui portent très loin, des sons durs et roulés souvent répétés.

Cassenoix Moucheté

Huppe fasciée

Avec un peu de chance, d’avril à septembre, vous pouvez rencontrer la huppe fasciée, dans le vignoble ou dans les prairies sèches, jusqu’à plus de 1000 mètres d’altitude. Cet oiseau un peu plus grand qu’un merle niche dans les cavités, souvent de vieux arbres avec des loges creusées par les pics. On a aussi placé des nichoirs à son intention. La huppe fasciée souffre beaucoup de l’usage des pesticides qui détruisent les insectes et les larves dont elle se nourrit. Son chant est facilement reconnaissable : Ou-pou-poup plusieurs fois répété ; un son sourd, doux, caverneux, mais qui porte très loin.

Huppe Fasciée

Bec-croisé des sapins

Le bec-croisé des sapins vit en milieu forestier, le plus souvent en altitude. Il apprécie les résineux dont il mange les graines qu’il extrait grâce à son bec caractéristique. C’est un oiseau qui fréquente assez volontiers les mangeoires. Le mâle est rougeâtre alors que la femelle est beaucoup plus terne, sur des tons jaune-verdâtre. Son cri de contact en vol est sec et court. Il lâche cinq ou six Kip Kip Kip sonores et métalliques répétés par série.

Bec Croisé Des Sapins

Pic vert

Ce pic de taille moyenne, joliment coloré est présent toute l’année partout où l’on trouve de grands arbres, quelle que soit l’altitude. Il y creuse sa loge dans les troncs. Le pic vert se nourrit d’insectes, principalement des fourmis, et on le voit souvent à terre. Très farouche, en cas de menace, il s’enfuit d’un vol ondulant, plané entre deux séries de battements d’ailes. Son cri est puissant, très sonore : une longue série de Kiu Kiu Kiu qui font penser à un ricanement moqueur.

Pic Vert

Hirondelle de fenêtre

Assez courte queue fourchue, dos et tête noire à reflets bleutés, ventre et croupion blanc : c’est l’hirondelle de fenêtre. Elle est présente chez nous d’avril à septembre. Cet oiseau très aérien chasse en vol et se pose peu. Il bâtit son nid sous les avant-toits, contre les murs de maisons, sous les ponts… L’homme la tolère de moins en moins et les architectes rivalisent d’ingéniosité pour les empêcher de s’établir… et de salir les parois. Sa population est donc en déclin. Elle n’a pas vraiment de chant, plutôt un gazouillis peu structuré, un petit babil roulant, aigu.

Hirondelle De Fenêtre 2

Faucon crécerelle

Le faucon crécerelle est un petit rapace qui vit à toutes les altitudes, de la plaine aux alpages. Il niche dans des cavités ou sur un replat abrité. On le trouve aussi bien dans le clocher d’une église qu’au milieu d’une falaise. Quelques-uns passent l’hiver chez nous, mais la majorité migre vers le sud. Le faucon crécerelle se nourrit de petits rongeurs et de reptiles. C’est un spécialiste du vol stationnaire qu’il pratique souvent avant de fondre sur sa proie. On entend son cri, une série de Kii Kii Kii aigus, brefs et sonores qu’il assène en guise d’avertissement lorsqu’il sent son nid menacé.

Faucon Crécerelle

Lagopède alpin

Aussi appelé perdrix des neiges, le lagopède alpin vit au-dessus de l’étage forestier, dans les pierriers et sur les pentes dénudées. C’est un oiseau du froid, presque polaire. Blanc en hiver, il prend des couleurs grises durant la belle saison. Ce gallinacé est menacé à la fois par le changement climatique qui réduit son territoire et par les dérangements dus à la pratique de certains sports. Sans oublier, la chasse au lagopède, encore pratiquée en Valais. Son cri est un caquètement rauque de deux ou trois syllabes, un kaaarrr long et roulé.

Lagopède Alpin

Gypaète barbu

Le gypaète barbu est un vautour réintroduit dans les Alpes dans les années 80. Les premières reproductions sauvages, en Suisse, ont eu lieu en 2007 à Derborence et dans les Grisons. Aujourd’hui, on en compte entre 5 et 8 couples dans tout le canton. On peut régulièrement l’apercevoir dans le ciel du Haut-Plateau.
Adulte, le gypaète barbu ne mange presque que des os, ce qui en fait l’ultime maillon de la chaîne de recyclage. On le reconnaît notamment à sa queue en forme de losange. C’est le plus grand oiseau qui niche en Suisse. Le gypaète est plutôt silencieux. On l’entend toutefois lors des parades amoureuses où il se manifeste par des sifflements aigus et sonores.

Gypaète Barbu